Un après l’autre, j’essaie, je vois que ça ne va pas. Je le replace sur un cintre, le laissant prendre la poussière encore et encore. Me voilà résignée. La finalité est de ressortir la robe que j’ai déjà porté hier et avant hier…
Au lieu de me frustrer tous les jours en essayant des vêtements qui ne me vont plus, il était temps de faire l’inventaire réel de mon dressing. Mon corps a changé, j’en ai pleinement conscience. Je ne suis pas du genre à me voiler la face. J’accepte ce changement et j’accepte ce corps qui a porté la vie.
J’ai pris un après-midi entier, le temps de porter chaque pièce que je possède, de vérifier ceux qui me vont encore ou ceux qu’il faudra attendre. Je ne vais pas les donner ou les vendre. Non. Je compte bien les revoir dans une prochaine période de ma vie. Si je les avais acheté c’est qu’ils me correspondaient, qu’ils renforçaient mon armure de confiance. Mon but, c’est de bientôt les retrouver. Mais en attendant, il fallait faire quelque chose. Oui, le tri est fait et mon dressing s’est vu drastiquement dépouillé. Il me reste que quelques tissus pour m’apprêter et dans le lot certain qui n’est pas compatible avec l’allaitement. Je me laisse juste du choix pour les jours où ma petite fleur sera gardée.
C’est en voyant ce vide dans mon dressing que je me rends compte qu’il était urgent que je fasse quelque chose. Je voulais donc partir faire un peu de lèche-vitrines. Mon homme aurait voulu m’accompagner avec la jolie fleur. Mais j’étais réticente à cette idée. Non pas que je ne voulais pas d’eux avec moi. Mais simplement le fait que j’avais besoin de me relier avec mon côté féminin. Et s’ils m’accompagnaient et que la fleur avais besoin d’attention, il serait évident que mon côté maman referait surface. J’avais juste besoin de redevenir une femme et rien d’autre pour faire cette recherche. J’avais juste besoin de ce moment avec moi-même.
Au final, je suis partie seule, en quête de renouveau vestimentaire. La déception fut grande…très grande. Les modèles ne m’allaient pas, les tailles restait limité. Sachant que j’ai pris deux tailles depuis l’accouchement le rendu n’est vraiment plus le même. De cette sortie chaotique j’ai quand même pu trouver deux pantalons et un short. Rien de bien palpitant, mais qui rends service. En vrai, je n’ai même pas trouvé chaussure à mon pied. Une paire de sandales est tout aussi difficile à trouver. Au vu des boutiques que j’ai fait, il devient évident que je dois prospecter ailleurs.
Alors le choix qui me reste est limité. Me voilà saisissant mon téléphone, vogué sur les sites de vêtements en ligne. Ce sont d’eux que j’ai besoin, je vois bien que ce sont ceux-là qui m’iront, qui s’allient à mon style et à ma taille. Je regarde, je clique, je remplis mon panier. Tout ce que je n’ai pas en magasin se livre face à moi aux bouts de mes doigts. Je réfléchis, je compare, regarde les tailles. J’ai fait mon choix. Il n’y a plus de doute. C’est ce que je dois faire.
Valider la commande.
C’est parti le code de ma carte est entré, une seule pression sur le bouton confirme la commande. La flamme se ravive. L’impatience commence déjà à s’installer . Tout ce que je veux, c’est l’arrivé de ce colis, au plus vite ! Je brûle d’envie de voir, toucher, essayer ces trésors qui vont venir garnir mon dressing. J’attends, je patiente, regarde les jours défilés. Actualisation, actualisation, actualisation. Où se trouve le paquet ? A-t-il pris l’avion ? Se trouve-t-il déjà sur le département ? Arrive-t-il bientôt ? Tant de questions, pour de simples bouts de chiffons. Et puis un jour, le livreur cogne à ma porte.

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